« Une infime partie de la mortalité réelle » : 45 000 macareux échoués sur la côte atlantique cet hiver

« Une infime partie de la mortalité réelle » : 45 000 macareux échoués sur la côte atlantique cet hiver

Un spectacle glaçant a marqué le dernier hiver sur les côtes atlantiques : des milliers de petits visages noirs et blancs échoués sur le sable. Entre choc et interrogation, les chiffres parlent d’eux-mêmes et posent une question simple : que s’est-il passé pour que tant de macareux meurent en si peu de temps ?

Ce que disent les chiffres

La plateforme participative Faune-France, pilotée par la LPO, recense 45 014 macareux moines retrouvés échoués sur le littoral entre le 19 décembre 2025 et le 17 mars 2026. Ce total rassemble observations spontanées et relevés réalisés lors des week-ends de prospection du réseau Reoma.

La LPO souligne que ce chiffre reste une estimation brute. De nombreux oiseaux morts en mer ne sont jamais aperçus. Certains sont emportés dans les dunes, ensablés, prédatés ou ramassés par les services municipaux sans remontée d’information.

Organisations comme Sea Shepherd estiment qu’un oiseau retrouvé sur la plage peut représenter jusqu’à dix morts en mer. Autrement dit, ces 45 014 macareux pourraient être une « infime partie de la mortalité réelle ».

Pourquoi autant de macareux ont péri cet hiver

Plusieurs facteurs expliquent cette hécatombe. D’abord, les tempêtes se sont succédé en janvier et février : Goretti, Kristin, Ingrid et Nils, avec des vents supérieurs à 100 km/h. Ces conditions provoquent de très hautes vagues en mer.

Les macareux se nourrissent de petits poissons qu’ils plongent chercher jusqu’à 40 mètres de profondeur. Quand la mer est démontée, le poisson-fourrage descend plus bas et l’oiseau ne peut plus se nourrir correctement. Les juvéniles, majoritaires parmi les cadavres trouvés, sont encore plus vulnérables.

Enfin, des épisodes d’hydrocarbures ont été relevés ponctuellement. Une quinzaine d’oiseaux présentaient des traces de fioul similaires à celles de l’Erika, selon le Cedre. Le mazout aggrave la dénutrition et l’hypothermie, et réduit les chances de survie.

Où les macareux ont-ils été retrouvés ?

Les plages touchées couvrent une large bande du littoral atlantique. En Bretagne, les secteurs d’Audierne, Concarneau, Lorient et la presqu’île de Quiberon ont été particulièrement affectés. Des observations importantes ont aussi eu lieu dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, la Gironde, la Charente-Maritime, la Vendée, la Loire-Atlantique et le Morbihan.

Les échouages ont aussi concerné d’autres pays bordant l’Atlantique : Grande-Bretagne, Irlande, Espagne et Portugal. Dans plusieurs cas, des macareux baguéss ont prouvé une origine britannique, l’un venant d’Écosse.

Soins, centres et coûts

Des dizaines d’oiseaux ont été recueillis vivants mais affaiblis. Fin février, la LPO indiquait que 800 individus avaient été soignés dans les centres de l’Île-Grande et de Nouvelle-Aquitaine. Les structures de Sea Shepherd, comme Hegalaldia et La Paloume, étaient saturées et prenaient en charge quelque 300 macareux au 13 février.

Le coût moyen estimé par macareux soigné tourne autour de 300 euros. Un appel aux dons a permis de collecter plus de 60 000 euros pour financer les soins et la réhabilitation.

Sur certains secteurs, la majorité des animaux ramassés étaient déjà morts. Par exemple à Crozon, sur 771 oiseaux collectés entre le 11 février et le 12 mars, 720 étaient des macareux moines et seuls trois individus ont été recueillis vivants, sans survie ultérieure.

Que pouvez-vous faire si vous trouvez un macareux échoué ?

  • Ne touchez pas l’oiseau avec les mains nues. Vous pouvez le couvrir légèrement pour le protéger du soleil ou du vent, mais gardez une distance sécurisée.
  • Notez le lieu exact, la date et prenez une photo si possible. Ces informations sont précieuses pour les réseaux de surveillance.
  • Contactez immédiatement votre centre de soins local, la LPO, ou un refuge pour animaux sauvages. Si vous ne savez pas qui appeler, signalez l’observation sur Faune-France.
  • Pour un oiseau vivant et visiblement affaibli : placez-le dans une boîte ventilée, dans un endroit calme et tiède en attendant d’être pris en charge.

Ce que cela signifie pour l’avenir

Ces échouages massifs sont un signal d’alerte. Ils montrent la fragilité des oiseaux marins face aux variations climatiques et à la pollution. Le phénomène n’est pas inédit : un épisode similaire avait déjà eu lieu en 2014, avec environ 50 000 macareux morts.

Face à ces événements, la mobilisation citoyenne et le renforcement des réseaux de surveillance sont essentiels. Vous pouvez aider en signalant vos observations, en soutenant les centres de soins et en restant informé sur la qualité des eaux et la sécurité maritime.

Si vous avez vu un macareux ou d’autres oiseaux marins en détresse, votre geste compte. Une photo, un signalement, un don ou un moment pour alerter peut faire la différence pour les prochains hivers.

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Auteur/autrice

  • Je suis Camille Valette, passionnée de gastronomie et de vie à la maison. Ancienne cheffe boulangère dans une maison de quartier à Lyon et formée en arts culinaires à l’Institut Paul Bocuse, j’ai développé une expertise particulière sur les pains artisanaux et la cuisine familiale de saison. Inspirée par les potagers urbains et les circuits courts, j’intègre aussi des conseils jardinage simples pour relier la terre à l’assiette. J’écris pour partager des recettes fiables, des actualités gourmandes locales et des idées pratiques pour faire de chaque foyer un lieu chaleureux où l’on aime cuisiner et recevoir.

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